Discours de SM Le Roi Mohammed VI

 

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Un  drame humanitaire

 

                                

  Dans la recherche d’une solution définitive et durable à ce différend, l’on doit constamment avoir présente à l’esprit la dimension humanitaire et plus particulièrement la condition de dizaines de milliers de personnes déplacées de leurs foyers et forcées de vivre la condition de réfugiés dans les camps de Tindouf en Algérie.

  Pour sa part, le Maroc a rempli depuis plusieurs années ses engagements humanitaires en procédant à la libération de toutes les personnes civiles et militaires détenues en liaison avec le conflit du Sahara. Le CICR a , d’ailleurs, formellement reconnu qu’il n’existe plus de personnes se réclamant du Polisario détenues au Maroc.

  Bien plus, le Maroc a permis au CICR de réaliser une mission d’évaluation au Sahara du 2 au 6 novembre 2001 en vue de clore les dossiers de 24 personnes marocaines d’origine sahraoui déclarées disparues par le Polisario.

  La mission du CICR a pu rencontrer sans témoins ces personnes et a pu constater que celles-ci mènent une vie normale et paisible au Maroc (cf. communiqué n° 1/45 du 15 novembre 2001).

  Le Maroc déplore, cependant, qu’en dépit des appels incessants du Conseil de sécurité, du Secrétaire général et du CICR, le Polisario ait continué de refuser la libération des détenus marocains, en les instrumentalisant à des fins politiques et de propagande à travers des opérations de rapatriement au compte-gouttes.

  Les rapports d’ONGs nationales et internationales notamment en Europe, sur le drame de ces personnes, les détournements de l’aide alimentaire, la torture et la répression des droits de l’homme, ont pu révéler au grand jour la nature et l’ampleur des exactions du Polisario à l’encontre des personnes incarcérées.

  En juillet 2003, l’Association internationale France Libertés a publié un rapport sur les conditions d’incarcération des détenus marocains à Tindouf, qui a été entièrement consacrée aux graves infractions commises par le Polisario et l’Algérie à l’encontre de ces détenus. Les meurtres, tortures, exécutions sommaires, travaux forcés et mutilations physiques des détenus, sont quelques uns des sous-titres de ce rapport accablant sur cette tragédie humanitaire.

  Dans un communiqué daté du 21 février 2002, Le CICR avait également exprimé « sa profonde préoccupation face à la détérioration de l’état de santé mentale et physique des 1362 prisonniers » encore détenus à l’époque et « dont 916 ont été capturés il y a plus de vingt années et se trouvant ainsi emprisonnés pendant une durée qui dépasse celle de toute aucune personne détenue en relation avec un conflit armé dans le monde d’aujourd’hui.»

  Au lendemain de la libération en août 2005 des 404 derniers détenus marocains en Algérie, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI a adressé un message de remerciement au Président du Comité International de la Croix rouge pour son engagement personnel ainsi que pour les efforts de son institution dans cette libération, en lui affirmant que le « retour des derniers détenus au sein de leur famille ne clôt pas pour autant le dossier humanitaire de ce différend artificiellement entretenu».

  Tout en rappelant les tortures , les traitements inhumains et dégradants et les souffrances intolérables infligés directement aux détenus, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI a réitéré l’importance qu’Il accorde au problème des disparus en exprimant son souhait de pouvoir compter sur « la poursuite du rôle et de la contribution du CICR afin d’élucider le sort de tous les disparus marocains, et ce, conformément au Droit international humanitaire et aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité».

  Le Royaume du Maroc a également adressé une lettre au Conseil de Sécurité, le 23 septembre 2005 , dans laquelle il est clairement indiqué que le dossier des « violations graves » des droits des marocains détenus sur le territoire algérien demeure ouvert, y compris pour ceux nombreux, qui ont succombé aux traitements inhumains et dégradants, car ces « crimes de guerre caractérisés , qui ont été commis à l’encontre de milliers de prisonniers marocains ne peuvent, au regard du droit international et de l’éthique, rester impunis ».

  De même le Maroc ne peur rester indifférent à la question de détournement de l’aide humanitaire destinée aux camps de Tindouf, dont les nombreux témoignages ont dénoncé cette pratique systématique de la « nomenklatura » du Polisario, qui utilise les souffrances des populations séquestrées à des fins d’enrichissement personnel.

  Ainsi, toute stratégie objective d’aide aux camps de Tindouf doit nécessairement se baser sur plusieurs préalables, notamment un recensement des réfugiés des camps de Tindouf, la mise en place des structures fiables de distribution de l’aide humanitaire, des mécanismes de suivi et de contrôle de l’assistance, ainsi qu’un liberté d’accès aux camps garantie par le pays d’accueil, en l’occurrence l’Algérie, qui assume une responsabilité indéniable dans ce drame humanitaire.

  Dans son rapport d’octobre 2005, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan , a annoncé que le HCR et le PAM ont pris conjointement la décision de «ramener de 158 000 à 90 000 personnes le nombre de bénéficiaires d’une assistance», en attendant une opération «exhaustive d’enregistrement des réfugiés».

 

                                                                          

  
 

 

 

 

 

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